Gestion de l’eau et de l’assainissement : une conférence-débat mouvementée

Preuve que le débat sur la gestion de l’eau et de l’assainissement déchaîne les passions, les habitants et associations étaient venus en nombre hier soir pour assister à la conférence-débat organisée par Toulouse Métropole à la salle Jean Mermoz, en présence d’une dizaine de personnalités et d’élus.

Régie contre délégation

Après une assez longue comparaison des deux systèmes par Toulouse Métropole, les partisans de la régie publique et ceux de la délégation de service public ont pu débattre des bénéfices et des inconvénients respectifs des deux systèmes pendant plus de deux heures. Un débat suivi avec passion par le public, majoritairement favorable à la régie publique, comme les acclamations de ferveur ou d’indignation ponctuant la plupart des interventions pouvaient l’indiquer.

Les enjeux éthiques et environnementaux ont été longuement mis en avant par les défenseurs de la gestion publique, tandis que les partisans du privé mentionnaient surtout l’aspect financier. Joseph Carles, maire de Blagnac a ainsi mis l’accent sur les importantes économies réalisées grâce à la délégation de service public (Véolia ou Suez). «50 centimes d’écart par mètre cube, ce n’est pas rien pour la communauté !», a rappelé l’édile sous les huées d’une grande partie du public. Un argument à peu près similaire à celui du maire de Quint, Bernard Solera :» C’est la première fois que je vais pouvoir dire à mes administrés qu’ils vont pouvoir payer moins cher !»

La question de l’écart entre les prix, que ce soit entre des sociétés privées comme Véolia et Suez, ou entre la gestion publique ou privée a également été centrale tout au long du débat. Un écart en partie expliqué par les marges importantes des sociétés privées et par les faibles investissements dans l’entretien du réseau, selon les détracteurs du privé. Tous se sont dits favorables à une analyse plus poussée des données chiffrées pour mieux comprendre ces différences de prix. Le public dont l’impatience était croissante tout au long des échanges a pu enfin s’exprimer et demander des éclaircissements vers 21 h 20.

Lors du débat, François Lépineux a rappelé que les Maires élus en 2014 n’ont pas fait campagne sur la gestion de l’eau et de l’assainissement des deux mandats suivants (2020-2032) et que donc une consultation citoyenne est indispensable à toute décision sur un enjeu aussi important sur le plan financier, démocratique, environnemental et social. Par ailleurs, l’annonce d’un tel écart de prix entre l’option régie et DSP aussi important, comme jamais vu en France, ne peut qu’interroger… les négociations ont été secrètes et l’option régie a subi une distorsion de concurrence puisque n’a pas pu être réévaluée avec les élus après les discussions avec les potentiels délégataires. C’est pourquoi il est indispensable de faire toute la transparence sur la comparaison poste par poste, à la fois technique et financier, afin que les élus et citoyens puissent avoir un débat clair et sincère !

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