Eau : «Le privé n’est en rien porteur de l’intérêt général»

La Dépêche a interviewé Marc Péré, maire de L’Union

Quels ont été les résultats de la votation citoyenne?

Nous avons eu 1111 votants à L’Union. 1030 d’entre eux se sont prononcés pour la Régie Publique, soit 93,6%.La participation est de 12% .

Que vous évoquent-ils?

Pour une votation, organisée en quelques jours et qui ne durait que 6 jours, c’est un taux très satisfaisant. Il ne s’agit pas d’une élection, où l’électeur choisit un candidat, ou tous les médias en parlent. Il s’agit d’une votation locale, avec les difficultés de communication induites. Si une majorité de villes de la Métropole toulousaine avaient suivi notre exemple, l’impact médiatique aurait été tout autre. Nous sommes donc très satisfaits des résultats et fiers, avec la commune de Brax, d’avoir proposé aux citoyens de s’exprimer. C’est une innovation démocratique qu’il faudra ancrer dans les nouvelles pratiques de gestion municipale. Nous le ferons.

Au même moment, Jean-Luc Moudenc confiait à la Dépêche avoir fait le choix du privé. Quel regard portez-vous sur ce choix?

Pour nous, l’eau est un bien public. Sa gestion doit être publique car si le privé est techniquement performant, nous pouvons l’utiliser en sous-traitance. Mais la gestion doit être placée sous le contrôle des élus, des citoyens et des associations. Le privé n’est pas le porteur de l’intérêt général. La préservation de cette ressource essentielle pour la vie, une gestion basée sur une économie de son usage, l’anticipation de sa raréfaction qui viendra dans un avenir proche, la possibilité d’appliquer une politique sociale pour ceux qui n’ont pas les moyens de finir le mois, … Voilà tant de raisons qui poussent à une gestion publique, et non à une recherche de profits sur ce bien commun.

Les tarifs annoncés sont bien plus bas que les prix actuels et que ceux calculés pour la Régie. N’est-ce pas une bonne chose?

Des prix annoncés par un opérateur en baisse de 25% par rapport au prix que lui-même applique aujourd’hui… Par quel miracle ? Un prix affiché par des opérateurs privés de 17% inférieur aux prix qui seraient appliqués par une Régie. Nous ne demandons qu’à le croire. Mais nous voulons une comparaison poste par poste, ligne par ligne. Pour comprendre. Et nous voulons comprendre la formule de révision des prix, car le contrat s’appliquera jusqu’en 2031.

Quelle position défendez-vous et pourquoi?

Nous attendons les éléments de détail des prix proposés par le privé et de ceux calculés en interne à Toulouse Métropole pour la Régie. Nous voulons savoir si cette comparaison s’est faite sur des bases sincères. Ensuite nous déciderons. La première priorité est de comprendre. C’est pour avoir accès à ces informations que nous demandons un report du vote sur le choix du mode de gestion au mois de mars 2019. Il faut que les élus aient le temps d’accéder aux informations, de comprendre, de débattre et de se faire une opinion.

L’article de La Dépêche du 22 novembre 2018 est disponible ICI.

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