Les réponses des candidats des municipales à Toulouse, Colomiers au questionnaire d’Eau Secours 31

QUESTIONNAIRE EAU SECOURS 31

1. Approuvez-vous le vote du conseil de Métropole du 13 décembre 2018, attribuant la délégation de service public de l’eau à Veolia et celle de l’assainissement à Suez, sur le territoire de la Métropole ? Oui, Non, Pourquoi ?

Nom de la listeRéponse
Aimer Toulouse
(J-L. Moudenc)
Oui
Archipel Citoyen
(A. Maurice)
Non
Lutte Ouvrière
(M. Adrada)
Non
Pour la Cohésion (P. Cohen)Non
Toulouse anticapitaliste
(P. Salingue)
Non
Une nouvelle énergie pour Toulouse
(N. Pellefigue)
Non
Esprit Colomiers (Karine Traval-Michelet)Non

2. Quatre élus sortants de la Métropole, avec le soutien des associations regroupées dans notre Collectif, estimant que l’étude de la Régie n’a pas été menée de façon équitable par rapport aux offres de Veolia et Suez, ont porté plainte au TA. Pensez-vous que leur démarche est justifiée ?

Nom de la listeRéponse
Aimer Toulouse
(J-L. Moudenc)
Non
Archipel Citoyen
(A. Maurice)
Oui
Lutte Ouvrière
(M. Adrada)
Oui
Pour la Cohésion (P. Cohen)Oui
Toulouse anticapitaliste
(P. Salingue)
Oui
Une nouvelle énergie pour Toulouse
(N. Pellefigue)
Oui
Esprit Colomiers (K. Traval-Michelet)Oui et non

3. Alors que les dernières factures arrivées début 2020 sur Toulouse font apparaître un tarif autour de 4€ /m3, pensez-vous que le tarif annoncé pour 2020 par Veolia et Suez de 2,95€/m3 montre que Veolia (ex CGE) qui a géré pendant 30 ans l’eau et l’assainissement sur Toulouse, a dû réaliser des bénéfices très importants sur le dos des usagers domestiques ? OUI  NON

Nom de la listeRéponse
Aimer Toulouse
(J-L. Moudenc)
Non
Archipel Citoyen
(A. Maurice)
Oui
Lutte Ouvrière
(M. Adrada)
Oui
Pour la Cohésion (P. Cohen)Oui
Toulouse anticapitaliste
(P. Salingue)
Oui
Une nouvelle énergie pour Toulouse
(N. Pellefigue)
Oui
Esprit Colomiers (K. Traval-Michelet)Plutôt oui

4. Si vous êtes élu.e au conseil de Métropole, êtes-vous prêt.e à engager une action immédiate visant à rompre les contrats avec Veolia et Suez ?

Nom de la listeRéponse
Aimer Toulouse
(J-L. Moudenc)
Non
Archipel Citoyen
(A. Maurice)
Oui
Lutte Ouvrière
(M. Adrada)
Oui
Pour la Cohésion (P. Cohen)Oui
Toulouse anticapitaliste
(P. Salingue)
Oui
Une nouvelle énergie pour Toulouse
(N. Pellefigue)
Oui
Esprit Colomiers (K. Traval-Michelet)Plutôt oui si majorité de gauche à Toulouse Métropole

5. Les compteurs d’eau viennent d’être renouvelés et ont été remplacés par des compteurs de radio relève (voir note en fin de page). Ces compteurs sont neufs ou très récents. Le contrat de DSP prévoit leur remplacement par des compteurs de télé-relève. Approuvez-vous ce choix ?

Nom de la listeRéponse
Aimer Toulouse
(J-L. Moudenc)
Non
Archipel Citoyen
(A. Maurice)
Oui
Lutte Ouvrière
(M. Adrada)
Oui
Pour la Cohésion (P. Cohen)Oui
Toulouse anticapitaliste
(P. Salingue)
Oui
Une nouvelle énergie pour Toulouse
(N. Pellefigue)
Oui
Esprit Colomiers (K. Traval-Michelet)Non

6. Nous revendiquons un juste prix de l’eau qui doit répondre à plusieurs exigences : la qualité de l’eau, un bon entretien du réseau, une solidarité à l’égard des plus démunis (premiers gratuits, tarification progressive), un programme d’économies de la consommation, … Quelle sera votre action pour répondre à ces exigences ?

Aimer Toulouse, conduite par : M. MOUDENC Jean-Luc

Pour répondre à ces exigences, je prends l’engagement d’appliquer les contrats de délégation conclus en 2018. Ainsi, nous aurons :

  • une excellente qualité de l’eau, qualité encore améliorée pour l’avenir ;
  • un excellent entretien des réseaux ;
  • une solidarité à l’égard des plus démunis.

Le premier élément d’une tarification progressive, c’est un coût d’abonnement faible. Or, à Toulouse, il est très faible (10 € par an) contrairement à ce qui se pratique dans d’autres villes. Exemple pour diamètre 15 :

- Grenoble : 37 €

- Strasbourg : 20 €

- Montpellier: 18 €

- Marseille: 12€

- Toulouse : 10 €

- Lille : 5 €

- Bordeaux : 57 €

- Nantes : 51 €

- Lyon : 42 €

Ainsi, plutôt qu’une tarification progressive, nous avons préféré mettre en place un prix au m³ faible et un prix de l’abonnement faible.

En outre, nous avons multiplié par 10 la contribution par le Fonds de Solidarité Logement (et/ou la mise en place d’un chèque eau) pour arriver à 150 000 € par an, payé par Véolia.

En espérant avoir répondu le plus clairement possible à vos questions, je vous prie de croire, Madame, Monsieur, en l’expression de mes sentiments les meilleurs et sincères. Jean-Luc Moudenc

Archipel Citoyen, conduite par : M. MAURICE Antoine

Si nous ne pouvons pas sortir du contrat de DSP signé pour 12 ans, malgré la procédure actuellement en cours au TA, nous engagerons des négociations auprès des opérateurs privés, d’une part pour mettre en place une tarification solidaire et inciter à des économies d’eau, et d’autre part, tenter de mettre en place une instance de contrôle renforcé, dans laquelle siégeraient des élu.e.s, des membres d’associations et des citoyens. Concernant la tarification progressive, nous négocierons avec le délégataire dans le cas où le retour en régie n’est pas possible.

Lutte ouvrière- faire entendre le camp des travailleurs, conduite par : Mme ADRADA Malena

Je vous remercie de m’interroger sur les revendications qui sont les vôtres et que je partage.

Les groupes capitalistes de l’eau tels Véolia ou Suez rackettent les communes et les considèrent comme des vaches à lait. Une régie publique de l’eau permettrait certainement à la population de payer des tarifs plus bas, mais cela ne suffirait pas à mettre fin au racket de Véolia, car par exemple pour certaines expertises et missions qui nécessitent de gros investissements ou une main d’œuvre qualifiée, la ville de Toulouse ferait appel à ces grands trust de l’eau, qui comme on peut s’en douter, facturent très cher ces services.

C’est pourquoi, s’il y avait des élus Lutte Ouvrière dans la municipalité, nous nous prononcerions pour une régie municipale de l’eau, mais aussi pour obliger Véolia et Suez à faire les travaux nécessaires sans chercher à s’engraisser sur le dos des usagers. Ce ne serait que justice, puisqu’il s’agit d’un service public, d’intérêt général. Je suis bien consciente que pour y parvenir il faudrait la mobilisation des travailleurs et de la population, car ces décisions, si elle étaient prises par une municipalité aux mains des travailleurs seraient sans aucun doute invalidées par le préfet. Cela occasionnerait une campagne politique pour dénoncer le rôle de l’État, de ses lois, de sa justice, au service des capitalistes et pour démontrer que c’est le pouvoir des travailleurs qu’il faut imposer. Une telle municipalité feraient de la Mairie une école de lutte de la population contre le grand patronat et l’État à son service.

Au-delà de vos revendications spécifiques que je soutiens toutes, il y a les restrictions et économies pour les services au public qui dépendent de la municipalité (écoles, transports). Elles sont essentiellement dues à une politique qui vide les caisses publiques pour alimenter les trésoreries des grandes entreprises (Veolia, Suez) mais aussi les bétonneurs (Vinci). Et s’ajoutent à cela les aides directes ou indirectes aux entreprises au prétexte de faciliter leur installation.

Et puis, il y a les attaques des partis au pouvoir soutenus par leurs représentants locaux, contre les services publics utiles à la population (dans la santé, dans l’éducation, comme dans les services municipaux). Il y a les attaques contre les chômeurs, contre les retraites, contre les pauvres. Elles s’ajoutent aux attaques du grand patronat qui représente le vrai pouvoir dans cette société. Précarité, licenciements, dégradation des conditions de travail et de salaire, c’est le lot de la classe ouvrière.

C’est dire que l’accumulation de toutes ces attaques justifie amplement les réactions récentes de larges franges de la population travailleuse : des gilets jaunes à la grève des cheminots et agents RATP, en passant par les salariés de l’éducation ou d’EDF. Et cette contestation n’est pas finie et en prépare d’autres, nous en sommes convaincus.

C’est justement pour faire entendre le camp des travailleurs que nous nous présentons à cette élection municipale. Même en minorité dans un conseil municipal, des élus de Lutte ouvrière pourraient être les yeux et les oreilles des classes populaires. Ils se feraient les porte-parole de leurs intérêts contre ceux des riches, des actionnaires des entreprises.

Face aux représentants locaux des partis qui soutiennent ou veulent replâtrer ce système capitaliste, notre objectif c’est de regrouper le camp des travailleurs qui ne se résignent pas à subir la dictature du grand patronat et de ses gouvernements, et qui ne croient pas au père noël électoral… pour changer la vie.

Pour la cohésion! L’autre choix, conduite par : M. COHEN Pierre

Nous comptons associer largement l’autorité administrative (où vous êtes représentés) sur ce point. Un de nos objectifs de mettre en place une tarification sociale (avec la difficulté à résoudre de sa mise en oeuvre sur les compteurs collectifs qui sont très nombreux sur la partie urbaine). On ne peut pas se contenter d’une facturation progressive au m3 et il ne nous appartient pas d’implémenter des compteurs individuels dans les collectifs privés. Donc la mise en place de cette tarification progressive devra être mise en oeuvre sur les compteurs individuels et un système devra être étudié pour le collectif. En ce qui concerne le programme d’économie de la consommation c’est un enjeu important, il demande d’abord une exemplarité du service public avec des équipements adaptés. Nous poursuivrons et intensifierons la recherche des fuites et déperditions réseau. Une campagne de communication et une réflexion sur les moyens d’inciter à l’économie devra être effectuée.

Toulouse anticapitaliste, conduite par : Mme SALINGUE Pauline

Nous revendiquons un juste prix de l’eau qui doit répondre à plusieurs exigences : la qualité de l’eau, un bon entretien du réseau, une solidarité à l’égard des plus démunis (premiers m3 gratuits, tarification progressive), un programme d’économies de la consommation,… Quelle sera votre action pour répondre à ces exigences ?

Nous estimons que ces objectifs, que nous partageons, ne pourront réellement être atteints que par un retour en régie des services de l’eau et de l’assainissement sur tout le territoire de la Métropole.

C’est pourquoi nous avons répondu OUI à la question 4. Les indemnisations auxquelles ne manqueront pas de prétendre Veolia et Suez, ne devraient pas remettre en cause la possibilité d’atteindre ces objectifs.

Cela n’empêche en rien de lutter dès à présent, avec l’appui des associations et des usagers domestiques de l’eau et de l’assainissement, pour obtenir des avancées sur les différents points que vous soulignez.

Une nouvelle énergie pour Toulouse. La gauche, l’écologie, les toulousain.e.s, conduite par : Mme PELLEFIGUE Nadia

Nous revendiquons un juste prix de l’eau qui doit répondre à plusieurs exigences : la qualité de l’eau, un bon entretien du réseau, une solidarité à l’égard des plus démunis (premiers m3 gratuits, tarification progressive), un programme d’économies de la consommation,… Quelle sera votre action pour répondre à ces exigences ?

Nous partageons totalement l’idée d’un juste prix de l’eau plus que le meilleur prix. Aussi cela implique une tarification sociale et progressive, et tout un arsenal de mesure sur la gestion de la ressource. A ce titre, Nadia Pellefigue, a signé le 18 février 2020 le Pacte pour la renaturation des villes du comité de Bassin Adour Garonne. Au-delà, nous pensons que la création d’une régie devra se faire avec un CA intégrant des représentants des usagers, des salariés ainsi que des personnalités qualifiées. Débarrassé du carcan contractuel, le CA pourra débattre et faire des choix adaptés tant sur la tarification que sur les mesures de protection de la ressource. Ainsi, les questions affairant à l’eau trouveront des réponses adaptées dans la transparence, et en impliquant citoyens engagés et élus.

Esprit Colomiers, conduite par : Mme TRAVAL-MICHELET Karine

Le dossier de Mr Moudenc a été géré par un expert des chiffres. Il faut rendre transparent le réel coût de l’eau en rendant visibles les coûts de gestion (fonctionnement) ce qui permettra une comparaison juste des différents systèmes et fournisseurs.
Faisabilité d’un tarif social ET d’un tarif écologique avec un quota de M3 à tarif très réduit, selon composition du foyer. (Pour dissuader arrosage et remplissage de piscines avec eau potable).

Par ailleurs, la ville de Colomiers accompagne de nombreux citoyens à travers notamment le Centre Communal d’Action Sociale qui permet à celles et ceux qui sont les plus fragilisé-e-s de pouvoir payer leur facture d’eau ou d’énergie. Nous poursuivrons bien évidemment cet accompagnement et nous militerons à Toulouse Métropole
pour une tarification dite « sociale ».

Nous souhaitons rajouter un point que vous n’évoquez pas dans vos questions, en effet, l’eau ce sont aussi des cours d’eaux et des rivières qui traversent nos communes.

A Colomiers, l’Aussonnelle, le Bassac et l’Armurier.

De 42,4 km de longueur, l’Aussonnelle prend sa source à Saint-Thomas dans le Savès dans la Haute-Garonne, à la limite du Gers, et se jette dans la Garonne en rive gauche, au niveau de la limite communale entre Seilhet Gagnac-sur-Garonne, dans le département de la Haute-Garonne.
La source se situe à 300 m d’altitude et le point de confluence avec la Garonne à 117 m d’altitude, pour une pente moyenne de 0,43 %. Son bassin versant couvre 190 km2, principalement en Haute-Garonne mais également dans le Gers
Cette rivière est l’un cours d’eau classé comme l’un des plus dégradés du bassin Adour-Garonne.
Dès leur élection en mars 2015, Camille POUPONNEAU et Arnaud SIMION, nos conseillers départementaux ont interpellé Sébastien VINCINI, Président du SMEA devenu Réseau 31 pour que s’accélèrent les actions pour réussir l’objectif « Défi Aussonnelle », en effet avant la question de la réalimentation en eau il convenait de reprendre un dossier qui dormait :
–  Connaitre les besoins de la rivière
– Supprimer les rejets de 13 stations d’épuration (46 000 EqH) qui représentaient 41 % du débit estival
– Maintenir l’activité agricole existante
– Soutenir les étiages de la rivière

Après la construction par Toulouse Métropole lors du précédent mandat et en aval de la rivière à Seilh d’une station d’épuration, depuis mars 2018, la station d’épuration dite du « Défi Aussonnelle » est mise en service et traite les effluents de la commune de La Salvetat-Saint-Gilles.

Depuis mars 2018 donc, la station d’épuration dite du « Défi Aussonnelle» est mise en service et traite les effluents de la commune de La Salvetat-Saint-Gilles. Les travaux liés à la construction du nouveau poste de refoulement et à la pose des 650 mètres de canalisations de refoulement sont terminés, ils auront duré 6 mois. Cette station a été construite grâce à des financements de Réseau 31 et du Conseil départemental de Haute-Garonne
La seconde tranche de travaux permettant de relier les communes
de Fontenilles et Fonsorbes à la station d’épuration de l’Aussonnelle ont débuté cet été pour une durée d’un an. Ils consistent à la pose de 10 kilomètres de réseau et à la construction de trois postes de refoulement nécessaires à l’acheminement des eaux usées vers la nouvelle station d’épuration.

Ces travaux s’inscrivent dans un projet plus global appelé « Défi Aussonnelle » comprenant :
– un volet assainissement, intégrant la création de la station d’épuration de La Salvetat et de son réseau de transfert pour traiter les effluents des communes de Fontenilles, Fonsorbes et La Salvetat Saint-Gilles soit 25 000 équivalent-habitants.
– un volet réalimentation, permettant de maintenir un débit minimum dans le cours de l’Aussonnelle toute l’année suite à la déconnection des stations d’épuration actuelles des communes précédemment citées.

L’ensemble des actions du « Défi Aussonnelle » initié par Réseau31 va permettre de réhabiliter qualitativement et quantitativement notre rivière.

Après une étude préliminaire examinée par RÉSEAU 31, la réalimentation de l’Aussonnelle à partir de la retenu de la Galage appartenant à l’Association Syndicales Autorisées (ASA) en hydraulique agricole de Sainte Foy de Peyrolières. Une réalimentation expérimentale de la rivière Aussonnelle a été mise en place par RESEAU31 durant l’été 2017.
La réalimentation opérationnelle interviendra en 2020, au-delà des expérimentations sont intervienues avec réussite.

Nota : les commentaires des différentes listes concernant les questions 1 à 5 sont disponibles en cliquant sur les liens suivants :

Réponses d’Aimer Toulouse (J-L. Moudenc)

Réponses d’Archipel Citoyen (A. Maurice)

Réponses de Lutte ouvrière (M. Adrada)

Réponses de Pour la Cohésion (P. Cohen)

Réponses de Toulouse anticapitaliste (P. Salingue)

Réponses d’Une nouvelle énergie pour Toulouse (N. Pellefigue)

Réponses d’Esprit Colomiers (K. Traval-Michelet)

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A Marseille : Martine Vassal, une élue experte du conflit d’intérêts

Présidente du Département depuis cinq ans, et de la Métropole depuis dix-huit mois, Martine Vassal (Les Républicains) héritière désignée du baron Gaudin se présente à Marseille à l’élection municipale.

Martine Vassal poussant Jean-Claude Gaudin vers la sortie ?

Depuis les années soixante la Société des Eaux de Marseille (SEM), aujourd’hui filiale de Veolia, a construit un empire, en France et à l’étranger, à l’ombre de la Bonne Mère.

En 2012 la Communauté urbaine, ancêtre de la Métropole, doit choisir un nouveau mode de gestion, à l’expiration du contrat de la SEM, datant de 1992.

Martine Vassal est alors depuis des années secrétaire du Conseil Mondial de l’Eau, l’instrument de lobbying des multinationales françaises du secteur dirigé par Loïc Fauchon, président de la SEM, qui organisera en mai 2012 un Forum mondial au parc Chanot.

C’est toujours elle qui va présider une commission créée par la Communauté urbaine, l’ACER, qui va préparer le choix du futur mode de gestion de l’eau.

Ce conflit d’intérêt manifeste aurait du, à lui seul, invalider la signature du contrat.

Le nouveau contrat de l’eau, accordé à la SEM, est signé en 2013. Un contrat évalué à 2,25 milliards d’euros sur quinze ans.

Après avoir lu et étudié ce contrat, un recours est déposé par quelques élus d’EELV en décembre 2013. Il met notamment en cause le rachat injustifié par la ville à la SEM, à la fin de l’ancien contrat, du parc de compteurs d’eau évalué à 2 millions d’euros.

Une copie de ce recours est adressée au préfet. Celui-ci saisit la Chambre régionale des comptes (CRC), qui stigmatise de nombreuses anomalies dans un rapport rendu public en avril 2014, après les municipales. La CRC critiquait vertement les conditions d’attribution du contrat, estimant que Marseille Provence Métropole n’avait procédé à « aucun débat » sur la durée des contrats qu’elle jugeait « manifestement excessive ».

Le Tribunal administratif donne raison aux requérants en juin 2017 et condamne la communauté urbaine (aujourd’hui Métropole), dans l’affaire des compteurs. La Métropole a fait appel.

Le Parquet ouvre une information le lendemain du jugement du Tribunal administratif. Martine Vassal, présidente du Conseil départemental et Loïc Fauchon, P-DG de la Sem, sont placés en garde à vue le 22 juin 2017.

Leurs bureaux et domiciles, ainsi que le siège de la SEM, et le bureau du DGS de la Communauté urbaine avaient déjà été perquisitionnés en novembre 2015. Jean Claude Gaudin est entendu comme témoin assisté.

L’information ouverte pour favoritisme et prise illégale d’intérêt a depuis été délocalisée au Parquet national financier.

On a découvert depuis lors que la SEM avait engrangé 8 millions d’euros pour… se succéder à elle-même en 2013. Avant d’y ajouter en 2014 et 2015 trois fois plus de bénéfices que ceux, plafonnés, prévus par le contrat, soit 19,1 millions d’euros, au lieu de 6,3 millions…

Ce contrat de l’eau, Martine Vassal n’en parle plus. Il faut pourtant s’en souvenir avant de confier les clés de Marseille à pareille experte du conflit d’intérêts.

Marc Laimé

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Les question aux candidats de l’élection municipale 2020

Le 13 février 2020

Aux listes candidates à l’élection municipale des 15 et 22 mars 2020

Madame, monsieur,

Vous êtes désigné.e tête de liste aux prochaines élections municipales de Toulouse et Toulouse Métropole.

Vous connaissez sûrement le travail d’information de notre collectif autour de la question de l’eau, bien commun de l’humanité, autant que la forte mobilisation en 2018/2019 que nous avons menée en faveur d’une régie publique.

Par contre, sauf erreur de notre part, nous sommes surpris de ne pas trouver un écho de ces préoccupations dans vos publications, thèmes de débat, présence médiatiques et sur les réseaux sociaux etc. à l’exception d’un récent article de la Dépêche du Midi à leur initiative (le 17 janvier pour six listes sur Toulouse).

C’est pourquoi nous vous adressons ce questionnaire. Comme vous le verrez, il pose des
questions très précises. Au-delà de la réponse OUI / NON, nous vous laissons la possibilité
d’expliciter les raisons de votre réponse. Nous restons à votre disposition si vous souhaitez
avoir des informations complémentaires pour répondre au questionnaire.

Nous souhaitons recevoir vos réponses d’ici le 1° mars de façon à pouvoir les rendre publiques pendant la campagne électorale.

Nous vous en remercions par avance et vous adressons nos sincères salutations de citoyen.
ne.s très attaché.e.s à la gestion publique de l’eau et de l’assainissement.

Pour EAU SECOURS 31
Lucien SANCHEZ, Marie-Françoise VABRE

QUESTIONNAIRE EAU SECOURS 31

QUESTION 1 :
Approuvez-vous le vote du conseil de Métropole du 13 décembre 2018, attribuant la délégation de service public de l’eau à Veolia et celle de l’assainissement à Suez, sur le territoire de la Métropole ? OUI  NON    Pourquoi ?

QUESTION 2 :
Quatre élus sortants de la Métropole, avec le soutien des associations regroupées dans
notre Collectif, estimant que l’étude de la Régie n’a pas été menée de façon équitable par
rapport aux offres de Veolia et Suez, ont porté plainte au TA. Pensez-vous que leur démarche est justifiée ? OUI  NON   Pourquoi ?

QUESTION 3 :
Alors que les dernières factures arrivées début 2020 sur Toulouse font apparaître un tarif
autour de 4€ /m3, pensez-vous que le tarif annoncé pour 2020 par Veolia et Suez de
2,95€/m3 montre que Veolia (ex CGE) qui a géré pendant 30 ans l’eau et l’assainissement sur Toulouse, a dû réaliser des bénéfices très importants sur le dos des usagers domestiques ? OUI  NON

QUESTION 4 :
Si vous êtes élu.e au conseil de Métropole, êtes-vous prêt.e à engager une action immédiate visant à rompre les contrats avec Veolia et Suez ? OUI  NON   Pourquoi ?

QUESTION 5 :
Les compteurs d’eau viennent d’être renouvelés et ont été remplacés par des compteurs de
radio relève (voir note en fin de page). Ces compteurs sont neufs ou très récents. Le contrat de DSP prévoit leur remplacement par des compteurs de télé-relève. Approuvez-vous ce choix ? OUI  NON   Pourquoi ?

QUESTION 6 :
Nous revendiquons un juste prix de l’eau qui doit répondre à plusieurs exigences : la qualité de l’eau, un bon entretien du réseau, une solidarité à l’égard des plus démunis (premiers m3 gratuits, tarification progressive), un programme d’économies de la consommation,… Quelle sera votre action pour répondre à ces exigences ?

Note sur la radio-relève et la télé-relève :
La radio-relève ou encore relève dite « itinérante » permet une relève des index de consommation depuis l’extérieur de l’habitation, à pied ou en voiture, sans intervention au domicile de l’usager. Fonctionnant avec une technologie radio courte portée (émission fonctionnant à proximité du compteur), le dispositif consiste à récupérer l’index sur le terminal mobile de l’agent pour ensuite le transmettre au système d’information et permettre une facture calculée sur la base des consommations réelles.
La télé-relève se fait avec des compteurs communicants dit encore compteurs intelligents
type Linky permettant de relever en permanence quotidiennement, plusieurs fois par jour, la consommation et de capter des données commercialisables, les ondes électromagnétiques étant d’une puissance et fréquence supérieures (problème d’électrosensibilité).
Il faut savoir que la Métropole vient de terminer le renouvellement des compteurs et de les
équiper pour de la radio-relève. Ces compteurs sont neufs et vont être remplacés par des
compteurs de télé-relève (montant prévu au schéma directeur de 13 millions d’euros qui
auraient pu être affectés par exemple à des politiques de lutte contre les pollutions.

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Quelles Politiques Publique pour une bonne Qualité de l’Eau ?

Marc Laimé, invité par Eau Secours, tiendra une conférence débat le Mercredi 12 Février à 20h30 salle San Subra, 2 rue San Subra (M° Saint Cyprien) à Toulouse sur le thème « Quelles Politiques Publique pour une bonne Qualité de l’Eau ? »

Marc Laimé anime un blog « Eaux glacées » très bien documenté sur la gestion de l’eau : http://www.eauxglacees.com/

Si vous ne l’avez déjà vu, nous vous conseillons également de voir le reportage diffusé en décembre dernier sur Arte, qui porte sur la privatisation de l’eau, notamment en Australie et Californie.


A partir de 1h20, Anne Le Strat s’exprime sur le mode de gestion en régie.
Lien vers la video : https://www.youtube.com/watch?v=LsanRHMTS2g

Tract d’invitation à la réunion :

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Le CICE : au service des multinationales pour casser le service public de l’eau ?

Ces derniers jours, plusieurs médias ont évoqué, sur la base d’un compte-rendu
du comité central d’entreprise de Veolia des 4 et 5 juillet 2018, l’utilisation du
CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi), mis en œuvre par F.
Hollande, pour effectuer des révisions tarifaires par restitution d’une partie
significative du CICE aux collectivités locales.

Le cas de Toulouse-Métropole n’est pas cité dans le document du comité
central d’entreprise. Mais Toulouse étant la seule ville où des tarifs aussi bas et
défiant toute concurrence ont été proposés, nous sommes fondés à penser que
le CICE a été utilisé au détriment de la régie pour emporter le marché.

Nous sommes aussi fondés à nous interroger sur l’offre de Suez, qui est au
même niveau que celle de Veolia.

Ces informations nous renforcent dans la conviction que nous avons exprimée
dès l’annonce des tarifs par J.L. Moudenc : les études de la régie n’ont pas été
menées de façon équitables au regard des propositions de Veolia et Suez.

Enfin, utiliser le CICE à des fins concurrentielles signifie en réalité que nos
impôts servent les multinationales à attaquer les services publics, ce qui est un
comble, mais n’est au fond guère surprenant de la part de gouvernements tous
acquis au libéralisme.

Tous ces éléments nous renforcent dans notre volonté de poursuivre le combat
en faveur de la régie publique, y compris sous forme de recours en justice.

Pour en savoir plus, nous vous recommandons l’enquête de Médiacités : Veolia, le CICE et la baisse du contrat de gestion de l’eau à Toulouse.  Selon un document obtenu par Mediacités, Veolia aurait profité de l’argent du CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) pour effectuer des baisses tarifaires. Et ainsi récupérer de juteux marchés. Comme celui de l’eau dans la métropole toulousaine ?

A lire également, l’article de Marc Lainé : Toulouse : Quand les taxes sur le diesel tombent dans les poches de Veolia

 

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Les places, les puits, et les fontaines de l’Antiquité à nos jours

Visite offerte aux adhérents et militants d’EauSecours31 par Christine Jimenez, historienne de l’art et du patrimoine Midi-Pyrénées.  Durée de la visite : 2 h environ.De la place du Capitole à la place de la Trinité.

Au cours des siècles, la distribution de l’eau potable dans la ville ne fut pas une préoccupation dominante de la municipalité toulousaine.

Dimanche 17 mars à 15 h, place du Capitole sous les Arcades devant la bijouterie.

Inscription obligatoire (le nombre de participants est limité à 30 personnes) auprès de Geneviève, adhérente EauSecours31 : genevievemj@free.fr

 

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#ProtectWater : non à l’affaiblissement du droit européen sur l’eau !

Martin-pécheur

Nous avons tous besoin d’eau pour vivre, mais aujourd’hui, c’est l’eau qui a besoin de VOUS. Ce qui préoccupe France Nature Environnement et nous-même aujourd’hui, c’est la révision de la directive cadre sur l’eau, droit européen qui protège cette ressource précieuse. De nombreux gouvernements de l’Union ont montré qu’ils aimeraient, à cette occasion, affaiblir ce droit. Ensemble, nous devons les en empêcher et dire haut et fort notre attachement à la protection de l’eau. Participez maintenant à la consultation publique de la Commission européenne !

Date limite : 4 mars 2019

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Soirée conviviale de bilan et perspectives jeudi 14 février à 19h30

Le Collectif ÔTM pour une gestion publique de l’Eau et l’assainissement sur la Métropole toulousaine vous invite à une

Soirée conviviale de bilan et perspectives jeudi 14 février à partir de 19H30 au  Hangar de la Cépière : 8 bis rue de Bagnolet ! métro/tram des Arènes !

Attention Il y a très peu de places de parking près du Hangar, et elles sont réservées aux services et pompiers si besoin. En voiture, garez-vous au parking du métro Arènes (7 min. à pied), à l’hippodrome, ou au parking du supermarché, av. de St-Simon (ouvert la nuit)

Après plus d’un an de mobilisation soutenue, le temps est venu de nous retrouver pour partager dans une ambiance chaleureuse ce que nous retenons de cette lutte, et comment nous pourrions envisager ses suites …

Mais d’ores et déjà nous ne pouvons que nous réjouir devant tant d’énergie collective déployée, sur la base d’une plateforme commune qui a permis de réunir des personnes venant de différents horizons, aux sensibilités associatives, syndicales et politiques plurielles, et d’élus en responsabilité sur ce combat vital qu’est l’EAU.

Cette rencontre sera d’abord conçue comme un moment de détente permettant à chacun d’exprimer son ressenti sur cette séquence et ses souhaits et propositions pour poursuivre et élargir ce combat autour d’un commun aussi vital que l’eau.

Les boissons seront offertes par le Collectif, et chacun-e-s peut venir avec dans son panier quelques douceurs salées ou sucrées à partager, musique et expressions artistiques sont bienvenues pour agrémenter ce moment.

Yves Proal nous a confirmé sa participation avec sa guitare, sa contrebasse et son répertoire de Nino FERRER, il devrait y avoir aussi quelques saxo…

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APRES LE 13 DECEMBRE : NOTRE COMBAT CONTINUE !

Les votes du Conseil de Métropole du 13 décembre ont été sans surprise. Voici le décompte précis qu’en a fait François Lepineux :

Pour 84 : 67 droite + 10 indépendants + 5 radicaux + D. Buys + J. Sébi

Contre 36 : 5 groupe Cohen/Touchefeu + 6 PCF + 9 Métropole Citoyenne + 13 socialistes + 3 radicaux

Abstention 13 : 13 socialistes

NPPV 1 : Dominique Faure (la maire de St Orens)

= 133

68 droite : D. Faure (NPPV) + 67 pour

10 indépendants : 10 pour

8 radicaux : 5 pour et 3 contre

Groupe Cohen : 5 contre

PCF : 6 contre

Métropole citoyenne : 9 contre

Socialistes : 13 abstentions (dont 10 maires), 13 contre, 1 pour

Nous étions une bonne trentaine à accueillir les élu.E.s avec nos tracts et banderole, panneaux. Visiblement, notre QUIZZ (voir en PJ ou sur le site du Collectif) a été assez mal reçu par pas mal d’élu.E.s de droite, ce qui n’est pas très surprenant !

Nous sommes restés à une vingtaine, pour assister aux débats tout en agitant et faisant voltiger nos ballons bleus.

Sur le contenu, les meilleures interventions en faveur de la régie ont été celles de F. Lepineux et de C. Touchefeu, ce qui là aussi, ne surprendra personne puisque ce sont les élus qui ont travaillé le plus régulièrement avec nous (avec A. Maurice).

Quant à P. Trautmann, il a pris un malin plaisir à reprendre les appréciations positives que nous avions exprimées sur le cahier des charges et sur le résultat de l’étude de la régie. Il est sans doute vrai que nous n’avons pas assez mis l’accent, dès le début de l’étude de la régie, sur le fait que la défense de celle-ci n’était incarnée par personne. Comme nous l’écrivions dans le tract du 13 décembre : « Défendre la régie, avec la même pugnacité que Veolia et Suez ont pu défendre leurs intérêts, aurait supposé qu’une représentation de ces élu.e.s puisse suivre de la première ligne à la dernière la mise en œuvre de l’étude aux côtés de l’A.M.O. et des services du cycle de l’eau de la Métropole. »

C’est pourquoi, sur la base du travail commencé depuis le 28 novembre (date de remise de l’étude de la Régie à Eau Secours 31 et des documents d’analyse des offres de Veolia et Suez aux élu.E.s, nous continuons d’affirmer que la seule façon de voir ce qu’il en est vraiment est d’avoir accès à tous les documents, et de pouvoir analyser ligne à ligne les offres des D.S.P. et l’étude de la régie. Et pour ne prendre que les trois exemples donnés dans notre tract du 13 décembre :

1/ Selon les documents en notre possession, l’excédent des régies sur 12 ans est de 127 millions d’€ (ce qui correspond à un rapport résultat net sur chiffre d’affaires, appelé aussi taux de rentabilité, de 11,1% !) alors que les DSP ne dégagent quasiment aucun excédent (moins de 1% selon les annonces effectuées publiquement par certains élus). Cela ne signifie-t-il pas que le tarif de l’eau avec assainissement en régie pourrait être bien plus bas ?

2/ Des élus nous ont indiqué que Mr Trautmann aurait dit en commission que le prix du m3 en régie aurait pu être réduit de 0,30€. Comment ? Et pourquoi ne pas l’avoir annoncé lors de la réunion salle Mermoz ? Quoiqu’il en soit, un simple calcul démontre, en effet, qu’en alignant le niveau de performance économique et financier des régies sur celui, annoncé, des DSP, le prix du m3 en gestion publique pourrait être ramené, sans difficulté particulière, à 3,10 € TTC…

3/ Il semble aussi que niveau de certains postes de charges des régies soit (volontairement ?) surestimé ; c’est à notre sens le cas des dépenses de personnel avec un rapport masse salariale / nombre d’emplois très élevé, bien au delà des ratios du secteur.

De plus, selon les informations en notre possession, le volume de sous-traitance est supérieur de plusieurs millions d’euros dans les prévisions des délégataires par rapport à celles des régies (on parle de 66 millions d’euros sur la durée de la délégation). Or, la sous-traitance, c’est des emplois externalisés. Là aussi, un simple calcul nous permet d’estimer à plus de 60 ces emplois externalisés par les délégataires. Pourquoi ces données n’ont-elles pas été consolidées dans un comparatif objectif entre les comptes de résultats des régies et ceux des délégataires ? Pourquoi annoncer un décalage de plusieurs dizaines d’emplois entre régies et DSP sans comparer les données à iso-périmètre ?

Le travail d’analyse des documents se poursuit donc, et le Collectif s’exprimera publiquement dès que cette étude aura été finalisée.

Parallèlement, nous examinons toutes les possibilités de recours juridiques et en ferons part également publiquement en temps utile.

La lutte continue et nous étudions les possibilités d’action juridique…

NOUS N’AVONS PAS DIT NOTRE DERNIER MOT !

Toulouse le 21 décembre 2018

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Prix de l’eau : la contre-attaque des élus du groupe Métropole citoyenne

Le mode de gestion de l’eau est à l’ordre du jour du conseil de la Métropole de demain./ Photo DDM archives

Fort de ses neuf élus issus de la fusion avec les écologistes, le groupe divers gauche Métropole citoyenne, coprésidée par Michèle Bleuse et Marc Péré, aime les chiffres et ne rechigne pas au travail. Après la proposition de RER dans l’agglo toulousaine, faite avant l’été, les élus, alliés à des représentants d’associations, planchent depuis dix jours sur le comparatif entre gestion directe et gestion déléguée de l’eau et de l’assainissement dans la Métropole.

Le 14 novembre, Jean-Luc Moudenc a révélé son choix en faveur de la délégation de l’eau à Veolia et de l’assainissement à Suez. Ce qui revient à un prix par m3 de 2,91 €, inférieur de 55 centimes à celui qui serait obtenu en cas de mise en place d’une régie (3,46 €).

Ces chiffres et cette comparaison, le groupe les conteste. Les élus l’ont redit hier lors d’un point presse qui précède la réunion, demain, du conseil de la Métropole sur ce sujet. Un simple calcul leur permet, avancent-ils, d’ébranler l’édifice. La projection du résultat d’exploitation dans le cas d’une régie est évalué à 138 M€ sur douze ans et à seulement 11 M€ dans le cas de la gestion déléguée à Veolia et Suez. Ce qui montre, à leurs yeux, la possibilité de baisser le prix régie. «En réévaluant, on arrive à un prix autour de 3 € en régie, avance François Lépineux. On pense qu’en réévaluant les charges, on atteint un prix encore plus bas.»

Sortir du «piège»

La régie serait ainsi la meilleure solution pour le prix. Comme elle l’est, selon Antoine Maurice, pour des raisons de fond : pour sa gouvernance qui inclut «tous les acteurs concernés», parce qu’elle est «l’outil d’une tarification juste» et parce qu’elle «a pour objectif la préservation de la ressource». «Si on avait sérieusement travaillé l’option régie, on aurait eu un prix compétitif.»

Les élus de Métropole citoyenne cherchent à sortir de ce qui est vu comme «un piège» tendu par le président de la Métropole. Le piège qui consiste à faire valoir une forte différence de prix et donc de gain du fameux pouvoir d’achat. Pour Marc Péré, Jean-Luc Moudenc cherche «l’effet d’un argument d’autorité». Michèle Bleuse dénonce «une comparaison partielle et partiale» qui «vise à nous obliger à voter sur un prix».

Le chemin est en effet étroit pour les élus métropolitains. A l’Union par exemple, le choix Veolia-Suez conduit à une économie de 63,48 € par an alors que celui de la régie implique une hausse de 2,52 €. «Les citoyens ne réagiront pas qu’au chiffon rouge du prix», veut croire Marc Péré, maire de la commune. Comment se positionneront les autres élus de l’opposition, notamment les maires ? C’est un des enjeux du débat de demain pour lequel la majorité aurait demandé un vote nominal.

La Dépêche du 12 décembre 2018 Article de J.-N. G

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