LOI DUPLOMB

Des attaques multiples contre notre santé, l’environnement, les paysans

Les mobilisations agricoles contre la DNC et le MERCOSUR ont montré que la Loi Duplomb ne répond à aucune des vraies problématiques qui se posent aux mondes agricoles. Pire, de nombreux acteurs de l’agriculture industrielle, notamment la FNSEA, veulent accélérer encore cette industrialisation, au profit d’une minorité de gros exploitants et au prix de reculs environ-nementaux majeurs et dans le plus total mépris de la santé publique. De nombreuses mesures ont été annoncées par le gouvernement :

– L’annonce d’une loi d’urgence agricole par M. Lecornu, qui ne répond qu’aux exigences de la FNSEA, etdevrait contenir des mesures sur l’eau qui faciliteraient son accaparement par une minorité d’irriguants. Par ailleurs, il serait impensable que ce texte ouvre la voie à la réintroduction des néonicotinoïdes, dont l’acétamipride, alors que plus de 2 millions de citoyens et citoyennes et des centaines de scientifiques et de professionnels de santé se sont mobilisés contre cette mesure, censurée par le Conseil constitutionnel. Cette volonté est depuis clairement affichée par les acteurs de l’agro-industrie. Laurent Duplomb a l’intention de déposer un nouveau texte en ce sens.

– Les annonces portant atteinte à la protection de l’eau, notamment la mise en place d’un moratoire immédiat sur les décisions liées à la politique de l’eau, suspendent l’ensemble des décisions, y compris locales et bloquent notamment l’adoption d’une mesure dans le bassin de la Vilaine visant à interdire un pesticide autour des aires de captage pour l’eau potable.

Parallèlement, la tentative affichée de saper la “directive Nitrates” au niveau européen, accompagnée d’instructions aux préfets pour des « dérogations », porte un coup sévère à la lutte contre la pollution des eaux par les épandages d’engrais.

Les attaques au niveau européen avec le paquet législatif dit “Omnibus”, soutenu par les lobbies de l’agriculture industrielle et avec l’assentiment du gouvernement français,qui ouvrirait la voie à une autorisation quasi illimitée de certains pesticides.De nombreuses données sanitaires montrent pourtant un lien alarmant avec la multiplication des pathologies, notamment l’épidémie de cancers et des maladies neurodégénératives fortement aggravées par la multi-exposition aux pesticides, dont les paysans et paysannes sont les premières victimes.

Ces annonces montrent que le gouvernement fait le choix d’ignorer la mobilisation inédite des 2,2 millions de signataires contre la loi Duplomb. Le débat sur cette pétition a été largement escamoté le 11 févriertandis qu’est accélérée la mise en œuvre des décrets ICPE, visant à intensifier encore l’industrialisation de l’élevage.

Le 12 février, le texte de loi visant l’interdiction des pesticides autour des aires de captage d’eau potable n’a pu être examiné face à une obstruction massive. Cela constituerait pourtant un levier majeur de protection de l’environnement et de la santé publique et permettrait d’alléger les communes des charges exorbitantes pour dépolluer l’eau destinée à la consommation.

Face à toutes ces menaces, et en prévision des débats à l’assemblée sur l’agriculture, nos organisations appellent à se mobiliser, à s’opposer aux politiques d’industrialisation de l’agriculture, au retour de pesticides nocifs. La première étape de mobilisation réussie des 7 et 8 février, avec des rassemblements dans près de 80 villes du pays a montré la voie.

Non à une loi Duplomb 2 ! Signons la nouvelle pétition en ligne sur le site de l’Assemblée https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-5103

Non à ce modèle dominant qui détruit l’environnement, la santé publique et entraîne la paupérisation et la disparition des paysans et paysannes.