Une eau potable… à quel prix ? ou Comment préserver la qualité de l’eau ?


En avril 2023, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a trouvé des substances jamais identifiées dans l’eau potable, notamment un résidu de pesticide interdit, le chlorothalonil. L’agence a évalué qu’un tiers de l’eau du robinet en France métropolitaine était contaminée.
Selon les rapports du GIEC, la hausse de la température des cours d’eau et la fréquence accrue des inondations et des sécheresses vont exacerber de nombreuses formes de pollution de l’eau.
Dans notre région comme ailleurs, les pollutions sont nombreuses, et différentes stratégies sont promues et développées, mais parfois à travers des technologies inefficaces ou inadaptées voire contre productives. Quelles sont les réponses positives, celles à soutenir, celles à combattre ?
Toutes ces questions sont d’une actualité brûlante et nécessitent notre mobilisation citoyenne pour la préservation de l’EAU, notre commun.
Nous vous invitons à une journée d’informations-débats

Samedi 30 septembre,
Toulouse, Bourse du Travail

( 19 place Saint Sernin – M° Jeanne d’Arc)

Une eau potable… à quel prix ?
ou Comment préserver la qualité de l’eau ?

9h30

Accueil – café, thé, expo…

10h – 12h30

Les menaces qui pèsent sur l’eau et sa qualité

  • Samuel TEISSIER docteur en écologie aquatique continentale : Quelques repères sur le cycle de l’eau et l’influence du changement climatique
  • Thierry USO Eau Secours 34/FNE Occitanie-Méditerranée/ Mouvement Européen pour l’Eau : Réglementation française sur la qualité de l’eau en application des directives européennes
  • Cécile STRATONOVITCH pédiatre et pedo-psychiatre, Alerte Médecins contre Les Pesticides (AMLP): Pesticides, nouvelles pollutions et santé…
    12h30 – 14h

Pause – Collation possible sur place

14h – 16h

Améliorer la qualité de l’eau : défi technologique ? politique ? démocratique ?

  • Mathieu SPERANDIO Ingénieur INSA : Face aux changements globaux, aux nouvelles pollutions, comment de nouvelles approches peuvent être imaginées
  • Jean Claude OLIVA Coordination EAU Île-de-France : L’osmose inverse, fausse-bonne réponse mais technologie lucrative ? Les alternatives pour garantir une eau potable de qualité.
  • Samuel TEISSIER Docteur en écologie aquatique continentale: D’abord, protéger la ressource !
    16h15 – 18h15

Table Ronde des luttes

  • STOP GRAVIERES (Ariège) avec 1 représentant du collectif
  • NUCLEAIRE ET CANICULES les conséquences sur l’eau – avec Marc Saint Aroman (Les Amis de la Terre)
  • ALERTE AUX PESTICIDES avec Sylvie Nony (Alerte aux Pesticides/Secrets Toxiques) et 1 représentant.e des Faucheurs Volontaires

18h15

Conclusion Eau Secours 31

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Méga-bassines – Procès

Grand Rassemblement de soutien aux inculpé.es
Le 8 septembre prochain, 9 personnes sont convoquées au tribunal de Niort pour des manifestations menées dans le cadre de la mobilisation contre les méga-bassines et l’accaparement de l’eau au profit du complexe agro-industriel en mars 2022. Ces procès s’inscrivent dans un contexte de répression croissante à l’encontre du mouvement pour la défense de l’eau.

(Voir plus de détails ici: https://lessoulevementsdelaterre.org/blog/justice-pour-leau-niort-10h30-place-de-la-breche-appel-vendredi-8-septembre)

Pour participer au rassemblement de soutien le 8 septembre à partir de 10h30 place de la Brèche à Niort contre les méga-bassines et pour celles et ceux qui défendent l’eau, un bus au tarif de 15 à 20€ partira de Toulouse vendredi 8, retour le soir.

RDV métro Ramonville à 5h15 / départ 5h30
Arrivée à Niort à 10h30 (meeting à 11h)
Départ retour vers 18h / arrivée vers 23h

Pour s’inscrire appeler Fernand: 0632435687 ou lui écrire: fernand.odon@orange.fr

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Manque d’eau : comment éviter la catastrophe ?

À quel point va-t-on manquer d’eau ? Alors qu’en 1974 déjà, René Dumont, candidat à la présidentielle, nous alertait. La question est plus que jamais d’actualité. Les années se suivent et commencent dangereusement à se ressembler. Les températures atteignent des records historiques pour la saison et la sécheresse sévit en France depuis des mois. Début mai, 15 départements avaient déjà mis en place des restrictions d’eau face à la sécheresse. Les spécialistes alertent sur le fait que nous allons commencer l’été avec des réserves d’eau très basses. Alors comment s’adapter face au manque d’eau ? Comment préparer l’été alors que les scientifiques et les agriculteurs craignent le pire ? Quelles solutions s’offrent à nous pour limiter les dégâts, préserver notre sécurité alimentaire et tenter d’inverser la tendance ? Réponses dans cet entretien de Paloma Moritz avec Emma Haziza, hydrologue.

A voir sur la chaîne Youtube Blast : https://youtu.be/rLIR53aSCPM

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Appel à rassemblement 30/03 19H devant la Préfecture de la Haute Garonne

Eau Secours 31 est signataire de l’Appel à rassemblement devant la Préfecture de la Haute Garonne
En soutien aux 2 manifestants dans le coma, aux blessé.es de Sainte-Soline et du mouvement des retraites, pour la fin des violences policières.

La brutalité concomitante de la réponse d’État à la poursuite du mouvement des retraites et à la mobilisation de Sainte-Soline est en train de marquer au fer rouge l’histoire du pays. Elle appelle aujourd’hui à faire front ensemble.

Face à l’inaction climatique du gouvernement, à son soutien intangible à des lobbys industriels écocidaires et à l’aggravation flagrante de la crise écologique, le mouvement contre les méga-bassines a, ces derniers mois, offert une prise. Si le peuple de l’eau, plus nombreux que jamais à braver les interdictions préfectorales, est allé de nouveau jusqu’au chantier de la bassine de Sainte-Soline le 25 mars ce n’était pas par goût inconsidéré du risque. Tout ce qui a été dit sur les soi-disantes motivations obscures des manifestant·es par Darmanin et consorts avant et après la mobilisation est à cet égard une profonde insulte à l’engagement des 30 000 personnes qui se sont rassemblées samedi. Si depuis un an et demi, ces foules grandissantes ne se contentent plus de défiler mais recherchent des gestes ad hoc pour freiner concrètement certains chantiers, pour empêcher le pillage de l’eau ou des terres, c’est bien parce qu’il y a une urgence vitale à agir. Et ce sentiment d’urgence ne fera qu’augmenter tant que l’on continuera à construire dans ce pays des infrastructures dont les conséquences sont telles qu’elles incarnent une violence écologique et sociale qui n’est plus aujourd’hui tolérable.

Cet élan vital, E. Macron l’a accueilli samedi avec une pluie de grenades létales, 4000 en 2h. Alors que 30 000 personnes s’approchaient d’un trou grillagé que l’État avait transformé en symbole de son autorité, 200 personnes ont été percées d’éclats dans leurs chairs, 40 gravement. L’une a perdu l’oeil, d’autres se sont faits arracher la mâchoire ou risquent de perdre le pied. Deux sont toujours aujourd’hui dans le coma, entre la vie et la mort. Comme à Malville face à la déferlante anti-nucléaire en 77 ou à Sivens en 2014 face à l’éclosion des zads en divers endroits du pays, l’État français a choisi délibérément le 25 mars de se donner sciemment la possibilité de tuer.

Ce 25 mars, le gouvernement Macron a tenté de faire taire un espoir politique par la mutilation de masse.

Il a ainsi affirmé brutalement que la montée en puissance du mouvement de défense de l’eau ne pouvait qu’être considérée comme un affront intolérable à son égard. Depuis des années, ce mouvement réitère pourtant les demandes d’ouverture d’un réel dialogue avec les habitant·es des territoires, les paysan·nes, les associations environnementales. La seule réponse gouvernementale à ces issues au conflit aura été est la terreur. Cette violence sourde face au mouvement écologiste est la même que le gouvernement Macron a déployé pour mater les gilets jaunes en 2019 et aujourd’hui contre le peuple qui persiste à refuser sa réforme injuste des retraites. C’est aujourd’hui cette réduction du champ politique à la grenade, ces cowboys en roue libre en quad ou en moto qui vont jusqu’à inquiéter les institutions internationales. A cette violence de rue, Darmanin ajoute aujourd’hui la persécution légale des mouvements organisateurs avec l’engagement d’une procédure de dissolution à l’encontre des Soulèvements de la terre.

De Sainte-Soline, ce week-end nous retenons heureusement aussi les tracteurs paysans qui déjouent les escortes de police, le camp qui surgit des champs au milieu du dispositif, les camarades des 4 continents, les animaux géants et les danses, la foule de tout âge qui serpente les champs à l’infini, son courage, sa solidarité inouïe face à l’adversité. Toute cette force est encore en nous et nous la retrouverons. Mais elle est aujourd’hui profondément entachée par les chairs mutilées, par ces vies encore en suspens. C’est pour nos blessé·es, pour leur rendre hommage, appui, pour que cela cesse qu’il y a un impératif à se retrouver de nouveau dans la rue. Non pas concentrés sur une même prairie cette fois. Mais partout dans le pays, devant les préfectures. Bien plus nombreux et nombreuses encore.

Alors que nous continuons à manifester contre la réforme des retraites, alors que nous continuerons à converger pour arrêter les méga-bassines, nous appelons à nous rassembler:
jeudi à 19h devant toutes les (sous)-préfectures. En soutien aux 2 manifestants dans le coma, aux blessées de Sainte-Soline et du mouvement des retraites, pour la fin des violences policières, pour la dissolution de la brav-m et l’interdiction des grenades GM2L.

Pour que celles et ceux qui étaient là de toute la France puissent dire et témoigner. Parce que le gouvernement est triplement coupable : d’avoir lancé des grenades létales, de l’avoir prémédité, et d’avoir ensuite obstrué l’arrivée des secours. Montrons leur massivement jeudi que nous ne les laisserons pas étouffer l’espoir à coup de grenades. Que nous sommes là. Toujours.

Confédération Paysanne – Bassines Non Merci – Les Soulèvements de la terre, les organisateurs de la mobilisation du 25 mars à Sainte-soline et toutes les organisations sociales, syndicales, et associations qui souhaiterons s’y associer.

Pour co-signer l’appel ⬇https://cryptpad.fr/form/#/2/form/view/rrhj+rHU1B6GjNTtwnKQMEJ+p5Xd9cQDToQZ9J9nwzo/

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Les Justes Causes Éco-Logiques de Toulouse et sa région

Un évènement s’inscrivant dans le mois de mobilisation CliMars Attaque : Stop béton, Le vivant en action !

Retenez les dates : VENDREDI 17, SAMEDI 18 et DIMANCHE 19 mars 2023 à à l’Utopia de Borderouge, 59 Av. Maurice Bourgès-Maunoury à Toulouse (Métro : ligne B station Borderouge).
Eau Secours 31 y participe.

Tout le programme est ICI.

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Olivier Dussopt, ministre du travail, menacé d’un procès dans une affaire de marché truqué au profit du groupe Saur, géant français de l’eau

En première ligne avec la réforme des retraites, le ministre du travail vient de recevoir un rapport d’enquête accablant du Parquet national financier, qui le soupçonne d’un délit de favoritisme avec l’un des géants français de l’eau, selon des informations de Mediapart. Une nouvelle qui tombe au pire moment pour l’Élysée et Matignon.

Olivier Dussopt ne pouvait imaginer pire calendrier. Selon des informations de Mediapart, le ministre du travail, en première ligne politique et médiatique avec la réforme des retraites, a reçu ces derniers jours un rapport d’enquête accablant du Parquet national financier (PNF), qui le soupçonne d’un délit de favoritisme sur un marché truqué avec l’un des géants français de l’eau, le groupe Saur.

La nouvelle, qui n’a pas tardé à circuler discrètement au sein du gouvernement, suscite le plus grand des embarras à l’Élysée et à Matignon, où le président de la République et la Première ministre voient leur ministre le plus exposé sur la réforme des retraites être désormais affaibli par des accusations formelles d’atteintes à la probité, en plus d’une forte contestation sociale dans la rue.

Mais le fait qu’Olivier Dussopt soit dans le viseur de la justice financière est tout sauf une surprise pour l’exécutif. À la suite de révélations de Mediapart sur des libéralités de la Saur en faveur d’Olivier Dussopt, le PNF avait ouvert en juin 2020 une enquête préliminaire pour vérifier la nature exacte des relations entre l’homme politique, du temps où il était député et maire d’Annonay (Ardèche), et le groupe privé.

Au moment de nos premières révélations, Olivier Dussopt était secrétaire d’État en charge de la fonction publique. Il a été promu ministre du travail en mai 2022 alors que l’enquête judiciaire était déjà ouverte.

À LIRE AUSSI L’art des affaires du ministre Dussopt 20 mai 2020 Affaire Dussopt: un ministre sous enquête judiciaire pour «corruption» 11 juin 2020.

Mediapart avait raconté dans son enquête qu’Olivier Dussopt s’était fait offrir, en 2017, deux œuvres de son peintre préféré, Gérard Garouste, par un dirigeant de la Saur, alors en affaires avec la municipalité dirigée par le même Dussopt. Après avoir évoqué auprès de Mediapart un présent offert par un « ami » – ce que l’« ami » démentait –, le ministre avait fini par reconnaître un « cadeau de l’entreprise » et annoncé la restitution des œuvres.

Après analyse juridique, le PNF a estimé que la valeur des lithographies de Garouste – moins de 1000 euros au total – n’était pas suffisante pour caractériser un éventuel délit de corruption initialement envisagé. Mais la justice a découvert que ce cadeau s’inscrivait en réalité dans une longue traîne de relations potentiellement compromettantes entretenues par Olivier Dussopt avec la Saur.

À l’occasion d’une perquisition menée chez le ministre, les enquêteurs de l’Office anticorruption (OCLCIFF) de la police judiciaire ont notamment mis la main sur des échanges entre Olivier Dussopt et l’entreprise semblant laisser peu de doute sur l’existence d’un arrangement autour d’un marché public daté de 2009-2010, d’après nos informations.

Une période de contradictoire ouverte à l’automne
Le PNF a mis un terme à ses investigations à l’automne dernier, ouvrant ensuite une période dite de contradictoire avec Olivier Dussopt et ses avocats. Et c’est à l’issue de celle-ci que les procureurs spécialisés ont rédigé un rapport définitif, concluant, de leur point de vue, à la commission du délit de favoritisme par le ministre. C’est ce document final qu’Olivier Dussopt a reçu ces derniers jours.

D’après le Code pénal, le délit de favoritisme, qui entre dans le champ des atteintes à la probité, est passible de deux ans d’emprisonnement et 200 000 euros d’amende. Comme toute personne mise en cause judiciairement, Olivier Dussopt est présumé innocent.

Sollicité par Mediapart pour réagir au soupçon judiciaire qui pèse ouvertement sur lui, le ministre n’avait pas donné suite au moment de la mise en ligne de cet article. Contacté à son tour, le groupe Saur, également destinataire du rapport du PNF – il est soupçonné d’être le receleur du délit présumé –, n’a pas non plus répondu.

Concernant la procédure, il revient désormais à la justice d’émettre à l’encontre du ministre une citation directe valant formellement renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris.

Sollicité pour commenter la situation, le PNF n’a pas souhaité s’exprimer.

Le groupe Saur est le numéro 3 français du traitement de l’eau, derrière Veolia et Suez. Le groupe réalise 1,6 milliard d’euros de chiffre d’affaires et emploie plus de 11 000 personnes dans le monde.

Comme Mediapart l’a déjà raconté, l’entreprise entretient des liens importants avec la commune d’Annonay depuis plusieurs décennies. Le groupe a longtemps été délégataire du service de l’eau. Mais après un rapport défavorable de la chambre régionale des comptes en 1998, puis sous la pression de l’Association des usagers de l’eau de la région d’Annonay, Olivier Dussopt, élu maire de la ville en 2008, n’avait pas prolongé le contrat d’affermage avec la Saur, arrivé à échéance fin 2009.

À LIRE AUSSI La République exemplaire d’Emmanuel Macron 6 avril 2022

Il avait décidé de passer en régie publique, tout en signant avec la Saur un contrat de prestation de service pour cinq années pour l’exploitation des ouvrages d’eau potable (comprenant fonctionnement, surveillance, entretien des ouvrages, et gestion clientèle du service). Ce contrat, renouvelé en 2016, lui avait attiré les foudres de l’association des usagers de l’eau de la région d’Annonay, qui avait dénoncé un « tour de passe-passe ».

En 2011, l’association s’était aussi inquiétée de voir la Saur sponsoriser la « lettre » distribuée aux citoyens par le député de la deuxième circonscription de l’Ardèche. « C’est choquant car, au final, c’est bien l’usager qui paye ces publicités avec sa facture d’eau, et qu’en faisant le choix de financer ses publications par ce moyen, le maire d’Annonay se rend prisonnier d’une certaine logique », expliquait l’association dans un communiqué.

Alors questionné par Mediapart, le ministre avait pris ses distances avec cette publication, réalisée par « une société spécialisée dans l’édition de telles publications ».

Participant à une émission de Mediapart le 4 janvier 2017, Olivier Dussopt considérait qu’un élu condamné après avoir « utilisé les prérogatives qui étaient les siennes pour s’enrichir, pour détourner, pour dévier et vicier l’intérêt public et bafouer l’intérêt général », « ça devrait être éliminatoire ».

Fabrice Arfi, Antton Rouget, Ellen Salvi et Marine Turchi

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Bordeaux et Lyon reprennent en main la gestion de l’eau

Depuis le 1ᵉʳ janvier, la gestion de l’eau à Lyon et Bordeaux est redevenue publique après des décennies de gestion privée. Les deux métropoles ont ainsi rejoint la longue liste des territoires qui ont choisi de fermer le robinet aux multinationales : Véolia pour Lyon et Suez pour Bordeaux.

À Bordeaux, l’opérateur privé Suez a été relevé de la gestion de l’eau.

« Le passage en régie permet d’affirmer un changement de paradigme dans la vision qu’on a de l’eau : elle n’est pas une ressource dont profite l’Homme, mais un bien commun vital pour l’humanité et l’ensemble du vivant », a déclaré à Reporterre Anne Grosperrin, vice-présidente chargée de l’eau au Grand Lyon.

À Bordeaux, la métropole met en avant une garantie de transparence et de maîtrise des prix, une gestion durable de la ressource sur le long terme.

Baisse des prix
La remunicipalisation de la gestion de l’eau peut également avoir un effet bénéfique sur le portefeuille des habitants. La facture serait en effet 10 à 25 % plus chère quand elle est gérée par les multinationales, selon une tribune publiée dans Reporterre.

À Paris, quand la mairie a repris a gestion de l’eau en 2010, les tarifs ont baissé de 8 % la première année.

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Face au géant Veolia-Suez, la régie publique de l’eau se développe


Le « feuilleton » de la fusion Veolia-Suez se poursuit, avec comme enjeu majeur celui de l’avenir de l’eau, notamment comme objet de spéculation financière. Pourtant, pour entraver cet accaparement de ce bien commun, une solution existe et gagne du terrain : le passage en régie publique.

C’est le feuilleton économique de l’automne : la possible fusion entre les multinationales Veolia et Suez. Tous les ingrédients sont réunis pour une saga haletante. La précipitation — certains parleront de « passage en force » — avec laquelle le PDG de Veolia (à l’origine Compagnie générale des eaux), Antoine Frérot, a proposé au géant Engie de lui racheter ses parts au sein de Suez, concurrente « historique » de son entreprise, pour la modique somme de 3,38 milliards d’euros ; la levée de boucliers des salariés de Suez, bien décidés à ne rien lâcher ; les ambiguïtés de l’exécutif, qui s’est officiellement opposé à ce rachat tout en ne faisant rien pour l’empêcher… Dernier épisode en date, jeudi 19 novembre, la justice a suspendu l’opération d’acquisition — au nom du manque d’information et de consultation des salariés de Suez ; cette décision complique l’OPA de Veolia sans toutefois la remettre en cause.

Embarquées bien malgré elle dans cette bataille épique du capitalisme français, nombre de communes françaises ne cachent pas leurs inquiétudes. Car ce projet de fusion concerne toutes les collectivités qui ont délégué la gestion de leur eau à l’un ou à l’autre de ses deux groupes. Notre pays est en effet un bastion de la privatisation de l’or bleu : sur un modèle similaire à celui des concessions d’autoroutes, beaucoup de villes ont délégué la distribution d’eau et l’assainissement à de grosses compagnies — Veolia ou Suez principalement. Ainsi, près d’un habitant sur six est aujourd’hui desservi par un opérateur privé ; le reste de la population vivant dans une commune qui a opté pour une gestion publique, nous y reviendrons.

Vers un monopole de l’eau en France ?
Or l’opération intervient alors que de nombreux contrats de délégation arrivent à leur terme. D’où la crainte, pour ces collectivités, de se retrouver face à un géant Veolia-Suez qui pourra leur imposer ses conditions, notamment tarifaires. « Aujourd’hui, quand une collectivité veut déléguer au privé, elle peut négocier avec plusieurs opérateurs, indiquait Gabriel Amard, coprésident de la Coordination eau bien commun France, dans un entretien avec Reporterre. Si elle se retrouve face à un seul mastodonte, elle aura moins de marge de manœuvre, c’est clair. »

« Un marché plus concentré conduit bien souvent à des prix supérieurs et réduit le pouvoir de marché des clients », a également signalé la sénatrice Sophie Primas, lors de l’audition du PDG de Veolia au Palais du Luxembourg. Antoine Frérot s’est alors voulu rassurant : son entreprise compte en effet céder toutes les activités eau de Suez au fonds d’investissements Meridiam afin de ne pas heurter les autorités de la concurrence, qui pourraient voir d’un mauvais œil la création d’un monopole privé de l’eau en France.

Créé par Thierry Déau, soutien de la première heure de M. Macron, Meridiam gère 8 milliards d’euros d’actifs placés dans des aéroports, des installations solaires ou des hôpitaux, pour le compte de fonds de pension et autres fonds souverains. « Meridiam est une entreprise française, qui s’engage à très long terme dans les entreprises au sein desquelles elle investit, et elle est spécialisée dans les projets d’infrastructure auprès des collectivités publiques », a insisté Antoine Frérot lors de son audition. Pas de quoi rassurer les élus locaux : « Comment un acteur qui n’a pas d’expérience dans la gestion de l’eau pourra-t-il assurer la continuité et le développement de Suez ? » s’est interrogé le sénateur Jean-François Longeot le 10 novembre. Marc Laimé, journaliste spécialiste des questions de l’eau, considère la manœuvre comme une « entourloupe » : « Le fonds est lié très fortement à Veolia, donc ils ne deviendront pas concurrents, dit-il. Ce sera plutôt un nouveau monopole. »

Pour Chritophe Lime, président du réseau France eau publique, les multinationales franchissent-là une nouvelle étape : « On passe d’une marchandisation à une financiarisation de l’eau, ce qui est nouveau, puisque Veolia s’est engagé à vendre Suez Eau à un fonds financier… et c’est inquiétant. » Devenue « marchandise » dans les années 1980-1990, l’eau serait-elle en passe de se convertir en actif financier ?

Vers une mainmise de la multinationale sur la transition écologique
N’en déplaise à M. Frérot, qui vante son « projet industriel ambitieux » et made in France, cette opération relèverait avant tout d’une « question de gros sous, où ce qui prévaut, c’est une logique de banquiers d’affaires », selon Marc Laimé. Pour le spécialiste, l’enjeu de cette fusion n’est pas tant le marché de la gestion de l’eau en France que « l’emprise qu’aura le futur groupe sur l’ensemble des services liés à la transition écologique » : l’eau donc, mais aussi les déchets ou l’énergie. Le tout en s’appuyant sur le concept de « smart cities » ou « villes intelligentes » — parce que hautement connectées. Suez s’est en effet positionné sur ce secteur plus rapidement que son concurrent Veolia : à Dijon, l’entreprise a développé « un poste de pilotage connecté des équipements de l’espace public des vingt-quatre communes de la métropole », afin de « rationaliser, optimiser et mutualiser la plupart des équipements techniques : feux de circulation, éclairage, vidéoprotection, services de voirie, eau… ».

Dans un article paru sur son blog hébergé par le Monde diplomatique, Marc Laimé précise son analyse : « Dans cinq à dix ans, quand la 5G, l’internet des objets, l’intelligence artificielle triomphante auront tout colonisé, il s’agira d’accélérer à marche forcée l’installation d’un gigantesque réseau de capteurs implantés, tant chez les centaines de millions de particuliers desservis par le groupe que sur les centaines de milliers d’infrastructures industrielles dans lesquelles il intervient sur toute la surface du globe. Mais aussi dans les collectivités locales, où l’entreprise accompagnera la mue numérique de l’ensemble des activités. »

Devant les sénateurs, Antoine Frérot n’a d’ailleurs pas dit autre chose : « Nous voulons être les premiers à proposer des solutions pour la transition écologique : le retraitement des batteries de véhicules électriques, la garantie de la qualité de l’air dans les bâtiments, la capture du carbone, a-t-il indiqué. Nous voulons également être plus performants sur la “digitalisation” [anglicisme pour « numérisation »] de nos métiers en mettant les savoir-faire de Veolia et de Suez ensemble. »

« L’eau, source de vie, pas de profits ! », slogan du Forum alternatif mondial de l’eau, en 2012.
Depuis le Québec, la chercheuse Sylvie Paquerot, administratrice de la fondation France Libertés, abonde en ce sens : « Ce ne sont plus des marchands d’eau mais des géants du multiservices, dit-elle à Reporterre. Ils interviennent dans tous les services dont les milieux urbains ont besoin : eau, déchets, électricité… » Le risque résiderait ainsi dans une mainmise de ces compagnies sur la transition écologique : « Plus ces nouvelles infrastructures sont développées par des acteurs privés, moins les acteurs publics auront de prise sur leur réaménagement ou sur leur fonctionnement, affirme-t-elle. Plus ces compagnies concentrent expertises et connaissances, et moins les pouvoirs publics auront la capacité de se les réapproprier, ou de les contrôler. » Ce faisant, « les citoyens ont moins d’espaces, moins de possibilités de définir le cap de leur vie ».

Une seule solution : la remunicipalisation !
Face à cette concentration des multinationales, « la municipalisation est la seule solution », insiste Mme Paquerot : « Dans un système capitaliste, si vous voulez d’autres règles que celles du marché et du profit, il vous faut sortir de ce système économique, ce qui implique de passer par le politique, par le choix et la démocratie. À partir de là, on peut créer un modèle économique qui fonctionne selon d’autres règles. Et décider collectivement de comment on veut organiser l’eau. » Un avis partagé par Jean-Claude Olivia, élu écologiste et membre de la Coordination Eau Île-de-France : « La régie publique garantit aux collectivités que leur intérêt est respecté, dit-il. Ce ne sera ni un fonds de pension ni une multinationale qui prendra les décisions. »

« Le passage en régie permet d’affirmer un changement de paradigme dans la vision qu’on a de l’eau : elle n’est pas une ressource dont profite l’Homme, mais un bien commun vital pour l’humanité et l’ensemble du vivant », souligne de son côté Anne Grosperrin, vice-présidente chargée de l’eau au Grand Lyon. Depuis l’arrivée aux manettes des équipes écologistes, la métropole planche sur une remunicipalisation de l’eau, aujourd’hui gérée par Veolia, à l’horizon 2023. En pratique, la gestion publique remet entre les mains des élus — et des usagers — des choix essentiels : quelle tarification de l’eau ? quelle hiérarchie dans les usages ? quels investissements ? Plutôt que de distribuer des dividendes, « une collectivité peut réinjecter les marges dégagées dans des politiques de moyen et long terme, par exemple contre les sécheresses et les inondations, dit M. Lime, de France Eau publique. Si elle veut mettre en place une politique tarifaire, elle peut la cibler selon des critères sociaux ou environnementaux. »

De ce fait, seule une gestion publique sera à même de faire face à la crise écologique : « L’objectif de Veolia ou de Suez est de vendre beaucoup d’eau, ils ne sont pas dans une logique d’économies », dit Jean-Claude-Oliva. Idem quant à la préservation de la ressource : « Eau de Paris [régie publique de la capitale] subventionne l’installation d’agriculteurs bio près des points de captages, rapporte le militant. Tandis qu’ailleurs en Île-de-France, Veolia [l’entreprise à laquelle le Syndicat des eaux d’Île-de-France, le Sedif, a confié la gestion de la ressource] préfère développer et proposer des technologies sophistiquées et coûteuses pour dépolluer l’eau… Ce n’est pas du tout la même vision de l’écologie ! »

Amorcé au tournant des années 2000, le mouvement de remunicipalisation n’a cessé depuis lors de prendre de l’ampleur. « Le scandale de Grenoble (Isère) a été un coup de semonce, car on s’est rendu compte que la délégation au privé avait permis détournement de fonds, corruption, mauvaise gestion, dit Christophe Lime. Mais le vrai déclencheur a été la remunicipalisation de l’eau à Paris, actée en 2009. Puis il y a eu Nice (Alpes-Maritimes), qui a montré que le retour en régie publique pouvait être mené par une collectivité de droite. » Amélioration du service aux usagers, meilleure préservation de la ressource : la gestion publique convainc peu à peu. D’après M. Oliva, en quinze ans, « on est passés de 28 à 40 % des usagers desservis en gestion publique ». La dynamique se poursuit, puisque Lyon et Bordeaux (Gironde) viennent de se lancer dans l’aventure. La possible fusion entre Veolia et Suez va certainement apporter de l’eau au moulin : « Un certain nombre de collectivités hésitaient encore, dit M. Lime. Ces manœuvres entre grandes entreprises tout comme l’urgence climatique poussent à une réappropriation par le politique des questions de l’eau. »

Source : https://reporterre.net/Face-au-geant-Veolia-Suez-la-regie-publique-de-l-eau-se-developpe du 21 novembre 2022

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Ressource en eau : une motion du bassin Adour-Garonne appelle à de nouvelles pratiques

France Nature Environnement (FNE) Midi-Pyrénées a dévoilé ce vendredi 9 décembre l’adoption par le comité de bassin Adour-Garonne d’une motion en faveur de la rétention naturelle de l’eau. La Fédération se félicite d’une telle décision, rappelant l’urgence « de se tourner vers des pratiques d’avenir », d’autant plus après l’été 2022.

« C’est une décision qui est importante parce qu’elle survient dans un contexte où la pression autour des barrages comme solution est forte. Alors que le premier, et de loin, moyen de préserver l’eau, c’est la rétention naturelle de l’eau », glisse Jean Olivier, joint par téléphone entre deux réunions. Le directeur de la FNE Midi-Pyrénées fait ici référence à la motion en faveur de la rétention naturelle de l’eau adoptée par le bassin Adour-Garonne, jeudi 8 décembre.

Au moment où, par démagogie et tout en méconnaissant les réalités scientifiques et techniques, certains cherchent à remettre sur la table de vieux projets de barrages (…) l’heure est à la prise en compte de l’évidente raréfaction des précipitations et de l’impérieuse nécessité de travailler à un changement des pratiques.
Extrait du communiqué du FNE Midi-Pyrénées

Une décision que Cécile Argentin, présidente de la FNE Midi-Pyrénées, juge d’autant plus importante après « l’été 2022, sans précédent, de canicule et de sécheresse que nous venons de traverser ( …) sans attendre de nouvelles sécheresses en 2023 ou dans les années qui viennent, il est urgent, de se tourner vers des pratiques d’avenir, ayant à cœur la rétention naturelle de l’eau et la sobriété des usages. L’heure est à l’action collective et responsable ».

Les nappes phréatiques et les castors comme meilleurs alliés
Mais alors pourquoi miser sur la rétention naturelle de l’eau ? Déjà « parce que l’on sait que le plus gros réservoir d’eau est le sol, grâce aux nappes phréatiques, mais aussi aux plantes qui permettent à l’eau de s’infiltrer via leurs racines », pose Jean Olivier.

Concrètement, elle peut être favorisée entre autres par l’évolution des pratiques agricoles. « Ça va de remettre des haies sur les parcelles, à ne pas labourer dans le sens de la pente mais en biais pour permettre à l’eau de stagner plus longtemps et de mieux s’infiltrer ou par la mise en place d’intercultures entre les grandes périodes de céréales. C’est aussi laisser tranquille les forêts de feuillus diversifiés et les privilégier aux résineux ou encore de miser sur le retour du castor. Grâce à leurs barrages, eux filtrants, ils favorisent une meilleure infiltration », énumère le directeur de la FNE.

Si ce dernier se dit « très heureux de cette motion », il rappelle néanmoins qu’il « va falloir décliner cette idée dans des délibérations concrètes, et que les aides visent plus les initiatives en ce sens. Mais la direction est la bonne. »

FR3 Occitanie
Publié le 09/12/2022 à 12h15, écrit par Justine Saint-Sevin

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Lettre d’information d’Eau Secours 31 de décembre 2022

Au sommaire du numéro de décembre :

La télérelève, vraiment utile ?

Un service public pas public du tout !

Exploitation des gravières d’Ariège et mise en danger de la nappe phréatique

Pour lire la lettre, cliquer sur  Inf’eau 4.

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